Non : les méga-poulaillers n'existent pas en France !

28 mai 2026

 

Dans le cadre du débat sur le projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, la filière volailles de chair (Interprofession ANVOL), rappelle son attachement à un modèle de diversité unique au monde, tant pour les espèces (poulets, dindes, pintades, canards, oies, coquelets, pigeons, cailles) que pour les modes de production (standard, certifié, Label Rouge, Bio, AOP, etc.). Les professionnels tiennent à préserver les spécificités de leurs élevages, caractérisés par leurs capitaux familiaux et leur taille humaine. Les méga-poulaillers n’existent pas en France contrairement aux méga-désinformations.

Un large éventail d’élevages de tailles modestes

Les élevages français sont 4 à 5 fois plus petits que leurs principaux concurrents européens.

De plus, la France compte 64 000 volailles en moyenne dans ses plus gros élevages (toutes espèces confondues), pour 125 000 dans l’Union européenne. Ces grands élevages ne représentent que 6 % des élevages français pour 28 % des volumes produits.[1]

72 % des volailles françaises sont donc élevées dans des élevages encore plus petits. La taille moyenne d’un élevage français est ainsi d’environ 40 000 volailles, réparties sur deux poulaillers et permettant de rémunérer un éleveur à temps complet.[2]

Le nombre de volailles dans les élévages français est ainsi dérisoire par rapport à certains pays européens comme la Roumanie, dont les plus gros élevages concentrent 400 000 animaux en moyenne. S’ils ne représentent que 0,3 % des élevages du pays, ils produisent 97 % des volailles roumaines !

Dans le monde, certains parcs de bâtiments peuvent même réunir jusqu’à 2 millions de volailles, comme en Ukraine, au Brésil ou en Thaïlande.

La simplification administrative : un enjeu de souveraineté alimentaire

Alors que la volaille est la première viande consommée en France depuis 2024, le pays a besoin de nouveaux poulaillers. L’objectif est de passer à moins de 1 poulet sur 3 importé, contre plus de 1 sur 2 aujourd’hui. Pour y arriver, la filière doit construire 2 200 poulaillers d’ici 2035, soit un élevage de 2 à 3 poulaillers par département par an sur 10 ans.

Le projet de loi agricole s’inscrit dans cet objectif en simplifiant les démarches administratives des porteurs de projet, sans remise en cause des normes environnementales, sanitaires ou de bien-être animal, qui comptent parmi les plus exigeantes au niveau international.

En effet, le seuil européen de 40 000 volailles, qui déclenche des obligations environnementales strictes dans le cadre de la directive dite sur les émissions industrielles (IED), reste pleinement en vigueur. Il s’agit d’un seuil uniquement administratif, basé sur le droit environnemental européen et le régime ICPE français, et non d’une définition économique ou agricole d’un modèle d’élevage. Le relèvement de 40 000 à 85 000 volailles prévu dans la loi d’urgence concerne un dispositif supplémentaire spécifiquement français : celui de l’évaluation environnementale et de l’enquête publique, qui constitue une procédure administrative propre à notre pays. Cette simplification des démarches administratives françaises doit favoriser la production locale pour faciliter l’accès à la population à des produits de qualité, respectueux des bonnes pratiques et d’une réglementation exigeante.

L’utilisation des termes « ferme-usine » ou « élevage industriel » sont non seulement sans fondement juridique, mais constituent surtout une aberration pour des activités liées à des êtres vivants où l’attachement des éleveurs au bien-être de leurs animaux est au cœur de l’activité.

La filière ne veut pas construire de méga-poulaillers, mais des « poulaillers souveraineté » pour consommer une volaille française de qualité, issue des territoires français !

[1] Source : Eurostat 2020 - Les « grands élevages » correspondent aux exploitations dépassant le seuil de 500 UGB (Unité Gros Bovin). Ce seuil équivaut, selon l'espèce, à environ 70 000 poulets de chair (0,007 UGB/tête), 35 000 poules pondeuses (0,014 UGB/tête) ou 16 666 autres volailles : dindes, canards ou pintades (0,030 UGB/tête).

[2] Source : Eurostat + BD avicole

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