La filière volailles françaises en appelle au soutien collectif dans la reconquête de la souveraineté alimentaire

Les volailles ont le vent en poupe en France. Il s’agit même de la seule viande à avoir enregistré une croissance de la consommation dans le pays en 2023 : +3,6 % au global par rapport à 2022 (consommation à domicile + hors domicile)[1]. Chaque habitant en a consommé 28,8 kg sur l’année ! Face à cet enthousiasme, la filière des Volailles Françaises a tout mis en œuvre pour reprendre la production après plus de deux ans d’influenza aviaire. Elle a ainsi réussi à augmenter sa production de +2 % en 2023 mais reste confrontée à un raz de marée d’importations à bas coût : +3,2 % par rapport à 2022. Les poulets, qui représentent près de 8 volailles sur 10 consommées en France, sont les plus touchés par l’arrivée massive de ces volailles de moindre qualité, échappant la plupart du temps aux réglementations européennes et toujours aux bonnes

pratiques françaises. En 2023, 50 % des poulets consommés en France étaient encore importés.

C’est pourquoi la filière en appelle au soutien de tous : politiques, professionnels, consommateurs-citoyens… pour donner la priorité aux Volailles Françaises. Chaque action compte pour inverser significativement la tendance et participer à la vitalité de la filière française, dont le modèle de diversité est unique au monde. Les professionnels français ont en effet la particularité d’élever 8 espèces de volailles différentes (poulets, dindes, pintades, canards, oies, cailles, pigeons, coquelets) selon 4 modes d’élevages distincts (standards, Certification Conformité Produit, Label Rouge et Bio). A la tête d’élevages de tailles modestes et de fermes aux activités diversifiées, les éleveurs de volailles françaises jouent un rôle essentiel dans la biodiversité des territoires.

Engagés dans l’amélioration continue de leurs bonnes pratiques, ils n’ont jamais cessé leurs avancées volontaires, y compris dans les situations les plus difficiles. Ils ont même déjà dépassé certains des objectifs qu’ils s’étaient fixés dans leur Pacte Ambition 2025. Aujourd’hui, ils travaillent à passer un niveau supérieur en se fixant de nouveaux objectifs à 2030 et en menant une réflexion collective sur l’élaboration d’une démarche de responsabilité sociétale.

Importations à bas coût : des mesures urgentes à concrétiser

Mobilisée pour répondre aux attentes du marché, la filière des Volailles Françaises a besoin d’un soutien collectif pour continuer ses avancées. Si elle salue les récentes annonces des autorités françaises, elle encourage leur concrétisation rapide et demande l’accentuation de certaines actions. Il s’agit en effet de mettre un point d’arrêt définitif aux nouvelles négociations avec le Mercosur, de limiter fortement les importations d’Ukraine et d’appliquer systématiquement des clauses miroirs à toutes les importations, pour ne pas importer en France des volailles qui seraient interdites de production sur le territoire.

Origine des volailles : une identification systématique indispensable

Quant à l’identification de l’origine, la filière demande une transparence précise et totale. L’étiquetage, déjà obligatoire pour les volailles en magasins et dans les restaurants, doit être étendu à la viande en tant qu’ingrédient pour que l’ensemble des produits élaborés et transformés soient également concernés. Le consommateur a d’ailleurs un rôle majeur à jouer dans cette identification, en s’informant systématiquement sur l’origine des volailles.

Réglementations européennes : stop au creuset du déséquilibre concurrentiel

Par ailleurs, la filière souhaite que l’Europe cesse d’édicter de nouvelles règles plus contraignantes pour la filière, véritable creuset à l’intensification du dé

séquilibre concurrentiel. Elle demande notamment de renoncer aux nouvelles règles en cours de discussion sur le transport des volailles et de rejeter la révision de la directive sur les émissions industrielles – IED (Industrial Emissions Directive), qui fixe un seuil unique quelle que soit l’espèce de volaille, à partir duquel l’élevage intègre le régime d’autorisation ; c’est-à-dire requiert une enquête publique et des investissement supplémentaires liés aux MTD (Meilleures Techniques Disponibles).

 

Volailles Françaises : un modèle de biodiversité unique en son genre

La France est le seul pays du monde à avoir maintenu l’élevage d’une large diversité d’espèces de volailles (dinde, pintade, canard, caille, pigeon, oie, poulet, coquelet) selon plusieurs modes de production, ce qui fait d’elle une exception et un atout en matière de biodiversité. La récente analyse du Recensement Agricole établit à près de 14 000 le nombre d’élevages en France, caractérisés par leur taille réduite et leurs activités diversifiées comparées à d’autres pays d’Europe. 70% des élevages français comptent moins de 29 000 animaux, contre notamment près de 77 000 dans par exemple aux Pays-Bas. De plus, 23 % de volailles françaises sont élevées dans des fermes ayant d’autres activités agricoles, contre 3 % par exemple pour la Pologne. Par ailleurs en France, les fermes de plus de 500 UGB (Unité Gros Bovin - tout type d’élevage compris), donc de tailles importantes, comportent en moyenne 64 000 volailles, soit 6 % des élevages, qui produisent 28 % de la volaille en France, quand en Roumanie par exemple, elles comportent en moyenne 400 000 volailles, soit 0,3 % des élevages mais qui produisent 97 % de la production roumaine. L’illustration une nouvelle fois du fait que la production française repose sur des systèmes diversifiés.

 Bonnes pratiques : des avancées remarquables et de nouveaux objectifs ambitieux

Outre ces particularités, la filière avicole française se distingue également par sa volonté d’améliorer constamment ses bonnes pratiques. Elle a d’ores et déjà enregistré de belles avancées et même dépassé certains des objectifs qu’elle s’était fixés dans son Pacte Ambition 2025. La mobilisation des professionnels a notamment permis aux volailles de profiter d’un accès à la lumière naturelle dans 74 % des poulaillers français et de réduire l’utilisation des antibiotiques de 72 % en 11 ans. Aujourd’hui, la filière a décidé d’aller en encore plus loin en se fixant de nouveaux objectifs à 2030 et en ajoutant un volet à son Pacte, visant à améliorer ses performances dans le domaine du climat et de l’environnement. Ce travail collectif constituera un premier pas vers la définition d’une démarche de responsabilité sociétale ambitieuse, à la hauteur des enjeux à venir.

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[1] Source : Itavi d’après SSP, douanes. Consommation apparente (Production + importations - exportations)

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