L’Union européenne suspend les importations de viandes brésiliennes, en raison de leur non-respect des règles européennes relatives à l’usage des antimicrobiens. ANVOL, l’Interprofession de la volaille de chair, salue cette décision attendue par la filière, confirmant qu’un produit importé en Europe doit apporter les mêmes garanties sanitaires qu’un produit issu des élevages européens. Il faut en effet savoir que les antimicrobiens sont des antibiotiques utilisés comme des activateurs de croissance au Brésil, une pratique interdite en Europe. ANVOL souligne en outre que les éleveurs français de volailles ont engagé depuis plus de dix ans une réduction massive du recours aux antibiotiques. Selon l’Anses, l’exposition des volailles aux antibiotiques a diminué de 71 % entre 2011 et 2024.
Afin de s’assurer de l’application des mesures miroir, ANVOL appelle désormais à une vigilance totale sur l’audit actuellement conduit par la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne sur les viandes de volailles au Brésil. L’enjeu n’est pas seulement de vérifier des engagements administratifs, mais de s’assurer que les règles européennes sont effectivement respectées sur le terrain, depuis les exploitations jusqu’aux outils de transformation, avec des contrôles documentés, réguliers et vérifiables. ANVOL compte sur la Commission européenne pour être très stricte dans l’analyse des conclusions de cet audit et sévère dans les conditions posées à toute éventuelle reprise des exportations de viandes brésiliennes vers l’Union européenne.
ANVOL rappelle ainsi que les mesures miroir doivent devenir un outil concret de réciprocité. Les producteurs européens sont en effet soumis à des règles sanitaires, environnementales, de traçabilité et de bien-être animal exigeantes. Les produits importés qui leur font concurrence doivent être soumis aux mêmes exigences. C’est une condition de loyauté économique, de protection des consommateurs et de cohérence des politiques européennes.
Pour ANVOL, ce dossier confirme l’urgence de reconstruire la souveraineté alimentaire française en volailles alors que plus d’un poulet sur deux consommés en France est importé. La filière s’est ainsi fixée une trajectoire en 2035 : reconquérir 33 % des volumes importés et ramener la part des poulets importés à moins d’un sur trois. Cet objectif suppose la création de 2 200 nouveaux poulaillers standards et de près de 600 poulaillers Label Rouge, ainsi que 2,8 milliards d’euros d’investissements dans les fermes, les couvoirs, la nutrition animale et la transformation.

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