Le marché de la volaille continue de déployer ses ailes en France. La consommation apparente, comprenant domicile et hors domicile, poursuit sa croissance à + 3,3 % en 2025 comparé à 2024. À 31,7 kg/hab. estimés sur l’année, les volailles confirment leur place sur la première marche du podium des viandes les plus appréciées du pays. Le poulet est le champion de la catégorie : à 25,6 kg/hab., il représente 4 volailles sur 5 consommées sur le territoire. Face à cet appétit, les professionnels de la filière française sont fortement mobilisés pour couvrir l’intégralité de la demande. Entre trajectoire à 2035 et lancement de leur démarche de responsabilité sociétale, ils vont de l’avant pour freiner le flot d’importations, tout en s’attachant à préserver leur singularité et à renforcer leurs pratiques durables.
En 2025, ils ont réussi à faire croître leur production de + 1,7 % sur 1 an, malgré l’influenza aviaire qui a durement touché les Pays de la Loire. Cependant, le taux d’auto-approvisionnement du pays en volailles est tombé à 76,6 %. Il est même passé sous la barre des 67 % pour les poulets.
En 2025, 52,4 % des poulets consommés en France ont en effet été importés, soit +2 pts comparé à 2024. Les filets et les préparations longue conservation sont les moteurs de ces importations à bas coût. Ces produits sont majoritairement utilisés par les entreprises de l’agroalimentaires et dans certains types de restauration, qui représentent une part de plus en plus importante des volailles consommées en France : +30 pts en 20 ans.
Le constat est donc éloquent : la France manque de poulets standards pour satisfaire la hausse de cette demande. Le pays doit faciliter l’accès à des produits de qualité, respectueux des bonnes pratiques et d’une réglementation exigeante et à empreinte carbone réduite grâce à une production locale.
Dans le cadre du Grand Réveil Alimentaire, la filière a ainsi élaboré sa trajectoire à 2035 pour répondre à la montée en puissance de la consommation, tenir compte du développement de nouveaux modes de production comme l’ECC (European Chicken Commitment) et reprendre 33 % des volumes importés. Ainsi, alors que la filière s’était engagée dans la construction de 400 poulaillers d’ici à 2030 pour relocaliser 20 % de la consommation importée, ce chiffre est réévalué à 2 200 d’ici 2035, équivalent à l’installation de 1 élevage de 2 à 3 poulaillers par département chaque année sur 10 ans, pour répondre aussi à la croissance constante de la consommation. Le but est de descendre à moins de 1 poulet sur 3 importé contre plus de 1 sur 2 aujourd’hui. Cette trajectoire ambitieuse est chiffrée à 2,80 milliards d’euros d’investissements, de l’amont à l’aval de la filière, puisqu’elle comprend également la construction de 4 couvoirs, 6 sites de nutrition animale, 8 abattoirs, etc. Des investissements qui s’accompagnent de la garantie de créations d’emplois non délocalisables et propices à la vitalité rurale. Cet engagement de la filière demande le soutien des Pouvoirs publics. L’Interprofession les appelle notamment à porter leur voix auprès de l’Union européenne concernant le Mercosur et les réglementations liées à la directive sur les émission industrielles (IED-UCOL) ou celles sur le bien-être animal. Ces priorités font partie d’un manifeste commun s’appuyant sur 15 propositions concrètes et qui sera présenté lundi 23 février au Salon International de l’Agriculture par Anvol et d’autres filières.
Ce plan d’envergure vise à couvrir 100 % de la demande française tout en conservant sa diversité qui en fait une exception mondiale, tant en matière d’espèces (poulets, dindes, pintades, canards, oies, coquelets, pigeons, cailles) que de modes de production (Standard, Certifié, Label Rouge, Bio). À ce titre, pour la filière Label Rouge en particulier, c’est près de 600 poulaillers qu’il faudra construire d’ici 2035 pour atteindre 110 millions d’animaux produit par an et consolider sa place dans le paysage avicole français. La préservation de ces particularités reste une priorité des professionnels, aux côtés du renforcement de leurs pratiques durables. Ainsi, dans le prolongement de leurs avancées opérées dans le cadre de leur Plan Ambition 2020-2025, ils lanceront officiellement le 16 avril prochain leur démarche de responsabilité sociétale. Une initiative issue d’une large concertation de plus d’1 an, dépassant largement les frontières de la filière. Cette démarche collaborative va au-delà du Pacte Ambition, en intégrant notamment l’impact environnemental et climatique dans leurs résolutions. Ils ont défini 10 engagements articulés autour de 4 piliers visant à fournir des produits sains, sûrs et accessibles à tous, à assurer l’attractivité des métiers, protéger les ressources et renforcer la santé et le bien-être animal.
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